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Jean-Claude Englebert, Premier Échevin, nous présente son premier bilan d’étape.

 

Une longue campagne électorale a permis à ECOLO de repartir en majorité à Forest, avec le PS et le FDF. Pendant ce temps, nous avons passé énormément de temps avec des militants et sympathisants, avec des citoyens. Depuis le 3 décembre soir, nous voilà, Mariam El Hamidine, Stéphane Roberti et moi dans nos bureaux. Il est pour moi capital de « rendre des comptes » : aux militants et sympathisants ECOLO, à nos électeurs mais également aux forestois dans leur ensemble et à toutes celles et ceux qui nous observent à partir d’autres communes bruxelloises.

 

L’impression générale qui se dégage de ce premier mois est celle d’un tumulte serein et concentré.

Tumulte car la quantité de travail fourni et à fournir est énorme, parce que l’agenda est plein à craquer et qu’il me faut en permanence arbitrer entre différentes priorités, entre des tâches incontournables, de l’information à collecter, des premières synthèses à dégager et des contacts à nouer.

Serein parce que pour la première fois depuis 10 ans (c’est-à-dire depuis que je consacre une part significative de mon temps au militantisme politique), je ne dois plus faire le grand écart entre militantisme et responsabilités professionnelles. Je n’ai pas totalement coupé mes attaches avec mon milieu professionnel : mon activité s’apparente à une profession libérale et je n’ai pas envie d’un jour être contraint à chercher un mandat pour ne pas crever de faim, mais le temps que je consacre à ces activités est devenu marginal par rapport à mon mandat politique.

Concentré pour plusieurs raisons. La palette des compétences qui m’ont été dévolues d’abord : urbanisme, propriétés communales, environnement, espaces verts, énergie, mobilité, stationnement, logement, service central d’achats. Il me faut apprendre, comprendre, proposer, décider (déjà), synthétiser, établir des liens… On pourrait s’attendre à ce que le monde ralentisse un peu pour permettre à un nouveau venu de monter dans le train : il n’en est rien. Mieux vaut donc être concentré pour éviter de se casser la figure. Ensuite, il ne me faut jamais oublier la condition qui est la mienne : élu du peuple, payé par le peuple, la concentration est l’un des premiers devoirs.

Ce premier mois m’a donné des idées concrètes, des pistes d’actions mais il me semble trop tôt pour en parler. Dans ce premier article, je préfère parler de trois types d’activités : les « inévitables » , les « figures imposées » et quelques « figures libres » (pas toutes).

 

Les « inévitables »

Les « inévitables », c’est ce qui nous est imposé. Les séances du Collège en premier lieu : une par semaine, minimum, avec un ensemble de points à passer en revue avant la réunion en elle-même. Ces points sont groupés par grandes fonctions administratives et donc… pas nécessairement par compétences ! Ainsi, toutes les questions de personnel font partie d’un gros « chapitre » quels que soient les départements : instruction publique, stationnement, contrats de quartier durables,… Les questions d’achat sont aussi traitées d’un bloc, au travers de tous les départements. Les fournitures de consommables pour les photocopieuses côtoient ainsi les équipements nécessaires au service « stationnement » ou le remplacement des terminaux de paiement ou encore l’achat de mobilier pour les logements de transit.

Nous avons eu quatre réunions régulières du Collège, soit, à la grosse louche, 3 bonnes journées de boulot (le dernier Collège faisait tout de même 5 centimètres d’épaisseur…).

Pourquoi consacrer tant de temps à tout passer en revue ? Simplement parce que dans un Collège, la responsabilité est… collégiale et que ses réunions sont LES moments où le pouvoir communal se cristallise. Bref, préparer soigneusement un Collège, c’est la responsabilité de base d’un échevin. À titre personnel et avec l’accord du responsable du service, j’ai fait adopter le principe d’abandonner les paiements en liquide au service « Urbanisme ». Des modifications au règlement de stationnement ont également été adoptées pour être soumises à l’approbation du Conseil Communal du 7 janvier 2013.

Le Collège a également consacré une journée à rencontrer le Comité de Direction de l’Administration Communale, actuellement constitué des fonctionnaires du rang le plus élevé, ainsi que l’ensemble des chefs de service et la délégation syndicale. Je reviendrai à l’occasion sur les sentiments et les idées que m’ont inspiré ces réunions.

Dans la catégorie « Inévitables » toujours, j’ai vécu la première des « Commissions de concertation Urbanisme/Environnement », qui se déroulent mensuellement. Mon rôle est de faire s’exprimer les demandeurs, de faire circuler la parole entre représentants communaux (service « urbanisme/environnement ») et régionaux (Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement, IBGE, Commission Royale des Monuments et Sites). Au delà de la réunion elle-même, mieux valait (et je l’ai fait) préparer cette réunion avec mes services. Entre les aspects administratifs se glissent des aspects plus politiques : comment établir un équilibre entre les demandeurs d’une part et l’agenda des différentes parties prenantes ? Le résultat final va t-il dans le sens d’une amélioration générale ? Et si tout le monde « fait la même chose », quel sera le résultat ?

 

Les « figures imposées »

Les figures imposées ne sont pas aussi obligatoires que les « inévitables » : on peut ne pas s’y présenter mais on finit vite par être hors jeu. La célébration d’un mariage fait partie des figures imposées : comment faire au mieux dans un cadre somme toute assez strict ? Même si je n’ai pas la compétence « « État Civil », j’ai célébré cinq mariages : trois pour rendre service à Mariam et deux parce que je l’avais demandé. C’est un moment impressionnant : on se retrouve dans le cœur de l’exercice de la fonction officielle (Officier d’État Civil) ; en même temps, il s’agit forcément d’une cérémonie intime. En elle-même, chacune dure 15 minutes. Mais il s’agit d’un moment unique pour eux ; ma théorie est qu’il ne peut être unique pour eux que s’il est unique pour moi et j’ai préparé donc chacune d’elles avec soin. Je ne risque pas d’oublier de sitôt le premier couple : c’était en néerlandais et ils étaient seuls avec moi et l’employée communale dans la grande salle des mariages. J’étais content d’avoir potassé… Ça m’a servi pour créer l’intimité nécessaire.

En plus de m’imposer la préparation, je m’oblige aussi à rappeler l’indispensable égalité devant les lois qui préside à un tel acte formel. Tout le monde a donc droit à mon couplet sur les règles qui obligent et les règles qui protègent, les règles nécessaires à l’égalité en droit et l’égalité nécessaire au libre consentement.

 

Les « figures libres »

En tant qu’échevin en charge du logement, je suis devenu président du Conseil d’Administration de l’Agence Immobilière Sociale (AIS) de Forest, ainsi que le prévoient les statuts de cette ASBL. Je ne suis pas certain que ces statuts vont demeurer tels quels : ils prévoient également que les représentants communaux « sautent » dès l’installation du nouveau Conseil Communal. Quand je vous aurai expliqué que le contrat de travail de la coordinatrice de l’AIS venait à échéance en décembre, vous comprendrez immédiatement 1) qu’il me fallait rapidement un nouveau conseil d’administration en ordre de marche 2) que d’y arriver en moins de trois semaines (désignation des nouveaux membres par le Conseil Communal comprise) tenait de la gageure. Ça n’a l’air de rien, mais c’est plus qu’un détail… La préservation de l’outil doit être une préoccupation constante.

La mission d’une AIS est de prendre en gestion des logements privés, d’assurer la sécurité pour les propriétaires et de les louer à des particuliers parmi les plus nécessiteux. Une AIS a également la possibilité de prendre en gestion des logements communaux ; c’est ce que l’AIS Forest a décidé de faire il y a plusieurs mois avec des logements passifs construits dans le cadre du contrat de quartier Saint Denis. C’est une bonne chose car cela donne immédiatement une masse critique à l’AIS Forest, créée (formellement) il y a deux ans seulement. Ce n’est pas simple à gérer car la marge de manœuvre pour se retourner vers les responsabilités du propriétaire (la Commune, via ses propriétés dont l’échevin en charge est… moi-même !) est étroite : la Commune de Forest n’a ni la pratique de gérer des logements ni une régie foncière. Pour faire court, quand deux services publics se rencontrent, qu’est ce qu’ils se racontent ? Ils se racontent comment se refiler les responsabilités !

Exemple concret : les appels de première ligne des locataires concernant les « maladies de jeunesse » que vit tout nouvel ensemble de logements. L’AIS est suffisamment souple pour faire face mais elle se détourne alors de sa mission première. La Commune sera amenée à jouer ce rôle mais je pouvais difficilement renvoyer les locataires à leurs problèmes en attendant d’avoir mis l’administration en place. Une solution a été trouvée, sous la forme de la mise en place d’un service de conciergerie peu coûteux, efficace et (tant qu’à faire) dans de bonnes conditions pour les travailleurs ; j’en reparlerai lorsque le tout aura été formalisé (courant janvier, normalement).

Au rayon figures libres toujours, mais dans un registre totalement différent, je me suis immergé (c’est le cas de le dire) dans le dossier « Inondations », un fléau qui touche particulièrement le bas de Forest. Le temps que j’ai passé dans ce dossier est un investissement : les intervenants sont nombreux et de natures différentes (nous devons par exemple traiter avec l’usine Audi) et la compétence est régionale. Je ne pourrai rien changer au fait que Forest est une commune située à flanc de colline. Nous ne pourrons pas changer grand chose à court terme aux conséquences du réchauffement climatique. J’ai tiré des statistiques sur 10 ans de données de pluviosité enregistrées à Uccle. Le graphe orange donne la sommes des pluies enregistrées sur l’année passée ; la ligne orange indique une tendance légèrement baissière : il pleut plutôt moins. Le graphe bleu donne le maximum observé sur l’année passé ; la ligne bleue donne la tendance : les fortes pluies sont de plus en plus fortes !

 

 

 

En résumé, ces statistiques ne valent pas prédiction, mais il est possible que nous ne soyons pas au bout de nos peines. J’ai néanmoins bon espoir que les travaux que nous tentons de lancer (dans la foulée de ce qui a été lancé par Annie Richard) apportent une solution pour des habitants qui ont (trop) régulièrement les pieds dans l’eau.

Je me suis également permis d’autres figures libres : rencontrer le comité « Neptune Quartier Durable », trouver une solution pour qu’un dépôt de produits bio puisse s’installer, établir une communication entre un projet citoyen d’aménagements de circulation et les services communaux, travailler au déploiement de la monnaie complémentaire Eco-Iris, visiter le Carré Tillens et participé à une réunion du contrat de quartier « Primeur-Pont de Luttre. J’ai également rencontré (presque) tous les services afférents aux matières qui m’ont été confiées. Et je vous ai passé les détails des multiples réunions que j’ai déjà eues avec ceux de mes collègues avec lesquels j’ai à collaborer le plus souvent : Mariam El Hamidine bien sûr, mais également Charles Spapens, Marc Loewenstein et Marc-Jean Ghyssels.

J’aurai besoin de quelques semaines encore pour dégager les premières priorités concrètes pour les premiers temps de la législature. Plutôt que de partir directement dans une « planification stratégique », je préfère m’astreindre à me tenir à jour dans ce qui défile sur mon bureau. Si vous voyez de la lumière dans un des bureaux de la Maison Communale le samedi, ce n’est pas nécessairement un oubli : c’est peut-être simplement moi qui traite les e-mails que je n’ai pas eu le temps de lire pendant la semaine.

> Source de l’article : jcenglebert.be/?id_article=145

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